Lunettes d'éclipse ISO 12312-2 : vérifier une paire sûre en 2027
Mis à jour : 16 octobre 2026 · 8 min de lecture
Des lunettes d’éclipse sûres respectent la norme internationale ISO 12312-2, qui fixe la quantité de lumière visible, ultraviolette et infrarouge qu’un filtre destiné à regarder directement le Soleil peut laisser passer. Une étiquette ne prouve pas à elle seule la conformité : achetez auprès d’un fabricant qui a démontré que ses produits sont conformes, ou chez ses revendeurs agréés, et inspectez chaque paire avant usage. Les lunettes d’éclipse servent uniquement à vos yeux ; jumelles, télescopes et appareils photo ont besoin de leur propre filtre solaire à l’avant.
Il vous les faudra pendant toutes les phases partielles de l’éclipse du 2 août 2027. Dans le sud de l’Espagne, cela représente la plus grande partie de la matinée, à part une totalité de quelques minutes. Hors de la bande, à Madrid par exemple, comme partout en France et en Belgique, il vous les faut pendant toute l’éclipse. Le guide de sécurité explique quand vous pouvez les retirer.
Que couvre la norme ISO 12312-2 ?
L’ISO 12312-2 s’intitule « Filtres pour l’observation directe du Soleil ». Adoptée en 2015 et confirmée en 2020, elle a remplacé d’anciennes normes nationales. En Europe, elle est publiée sous la référence EN ISO 12312-2:2015. Selon l’American Astronomical Society (AAS), qui suit la norme de près, elle porte sur :
- La transmission de la lumière. Le filtre doit réduire la lumière visible du Soleil à une plage équivalente aux filtres de soudeur d’indice 12 à 15. La transmission des ultraviolets ne peut pas dépasser celle du visible, et celle des infrarouges est elle aussi limitée. Vous ne voyez ni les UV ni les IR, donc vous ne pouvez pas juger ces limites à l’œil.
- La qualité du filtre. Il doit être exempt de défauts, comme des bulles, des rayures ou des piqûres, susceptibles de gêner la vision.
- Le montage. Le filtre doit être bien maintenu et couvrir les deux yeux, et la monture doit s’adapter à un visage adulte sans arêtes vives.
- L’étiquetage. Le produit doit porter le nom et l’adresse du fabricant, un mode d’emploi, un avertissement sur les lésions oculaires permanentes, un rappel de jeter les filtres abîmés et des conseils de rangement et de nettoyage.
La norme s’applique aux lunettes et visionneuses à main sans grossissement. Les lunettes de soleil ordinaires relèvent de l’ISO 12312-1, et les filtres pour appareils photo, jumelles ou télescopes sont hors de son champ.
L’ISO rédige des normes mais ne certifie pas de produits ; ce sont des laboratoires indépendants accrédités qui testent la conformité. L’AAS souligne qu’un produit ne devrait pas être présenté comme « certifié ISO » ni porter le logo de l’ISO : l’un ou l’autre est un signal d’alerte.
Comment vérifier une paire ?
Qui l’a fabriquée
La vérification la plus fiable se fait avant l’achat. L’AAS tient une liste de fournisseurs de visionneuses et filtres solaires sûrs : des fabricants que les membres de son groupe de travail connaissent par expérience ou qui ont démontré à l’AAS la conformité de leurs produits à l’ISO 12312-2. L’AAS ne contrôle plus les revendeurs et détaillants : achetez directement auprès d’un fabricant de la liste, ou chez un revendeur que ce fabricant désigne comme agréé.
Pour l’Europe, l’AAS renvoie à une liste distincte tenue par des bénévoles espagnols, Eclipse Seguro. Elle vérifie des documents et ne teste pas les lunettes : un rapport d’essai d’un laboratoire accrédité de l’UE, un marquage du produit indiquant le fabricant, le marquage CE et un numéro de modèle correspondant au certificat, et un représentant autorisé dans l’UE pour les fabricants établis hors de l’Union. Le site précise que son examen n’est pas officiel et que sa liste n’est pas exhaustive. L’AAS ne le supervise pas.
Ce que doit indiquer l’étiquette
Sur une paire vendue dans l’UE, cherchez :
- la référence EN ISO 12312-2 (ou ISO 12312-2:2015) ;
- le marquage CE ;
- le nom et l’adresse du fabricant ;
- le mode d’emploi et les avertissements, dont celui de jeter les lunettes si elles sont abîmées.
Refusez une paire à laquelle il manque l’un de ces éléments. Une étiquette correcte ne prouve rien pour autant : les contrefacteurs impriment le même texte, et certains apposent le nom d’un fabricant réputé sur leurs propres produits.
L’inspection physique
Avant chaque utilisation, levez les lunettes à la lumière et examinez les deux filtres. Jetez-les si un filtre est rayé, percé, déchiré ou se détache de la monture.
Le test visuel
L’AAS décrit un test simple. Il ne mesure ni les UV ni les infrarouges et ne prouve donc pas qu’une paire est sûre, mais il démasque beaucoup de contrefaçons :
- À l’intérieur, mettez les lunettes et regardez autour de vous. Vous ne devez rien voir, sauf des lumières très vives, et celles-ci doivent paraître faibles. Si vous distinguez les meubles ou les tableaux au mur, les lunettes ne sont pas assez sombres.
- Dehors, par une journée ensoleillée, la seule chose visible doit être le faible reflet du Soleil sur une surface brillante.
- Regardez le Soleil moins d’une seconde. Il doit apparaître comme un disque rond aux bords nets, d’une luminosité confortable, sur fond noir. Selon le filtre, il peut paraître blanc, bleuté, jaune ou orange.
Selon l’AAS, une paire qui réussit ce test est probablement sûre, à condition qu’elle vienne aussi d’une source fiable.
D’où viennent les contrefaçons ?
Les contrefaçons arrivent par des canaux où personne ne vérifie le fabricant. L’AAS déconseille d’acheter via des annonces de places de marché, des publicités en ligne, des résultats de recherche ou des boutiques qui profitent de l’éclipse sans connaître les produits. Achetez auprès d’un fabricant de la liste ou d’un de ses revendeurs désignés.
Des lunettes données par des amis ou distribuées par des musées, planétariums et centres de culture scientifique conviennent en général si vous pouvez remonter jusqu’à un fabricant de la liste.
Le prix n’indique rien, dans un sens comme dans l’autre : une paire bon marché peut être authentique et une paire chère contrefaite. Jugez d’après la provenance.
Peut-on conserver et réutiliser des lunettes d’éclipse ?
Selon l’AAS, des visionneuses peuvent être réutilisées si elles viennent d’un fabricant dont le produit a été testé par un laboratoire accrédité, si elles sont intactes et si elles ont moins de dix ans. Les anciennes consignes imprimées, qui limitaient l’observation à trois minutes d’affilée ou demandaient de jeter les lunettes au bout de trois ans, ne s’appliquent plus aux visionneuses conformes. Des lunettes achetées pour une éclipse précédente auprès d’une source sérieuse peuvent resservir en 2027 si elles sont encore en parfait état.
Pour les garder utilisables :
- rangez-les à température ambiante dans leur pochette, un étui ou une enveloppe propre et sèche ;
- nettoyez-les uniquement avec une microfibre, un chiffon doux ou un mouchoir en papier ;
- gardez les montures en carton au sec, car le carton mouillé gonfle et peut se décoller des filtres ;
- inspectez-les de nouveau avant chaque utilisation.
Lunettes ou filtres pour jumelles, télescopes et appareils photo ?
- N’utilisez jamais de lunettes d’éclipse avec des jumelles, un télescope ou un appareil photo. La NASA et l’AAS avertissent que les optiques concentrent la lumière du Soleil, qui peut traverser les lunettes en les brûlant et blesser votre œil instantanément. L’ESA ajoute que des lunettes d’éclipse tenues derrière une optique ne fonctionnent pas.
- Les instruments ont besoin d’un filtre solaire monté à l’avant, devant l’objectif ou le tube du télescope, fixé assez fermement pour ne pas tomber. Avec un tel filtre en place, vous n’avez pas besoin de lunettes d’éclipse pour regarder dans l’instrument.
- Les filtres qui se vissent sur l’oculaire d’un télescope sont dangereux. L’AAS recommande de les jeter.
- Les chercheurs d’un télescope doivent aussi être bouchés, retirés ou filtrés.
Les filtres frontaux existent en métal sur verre, en film polyester aluminisé et en polymère noir. L’AAS les juge efficaces tous les trois ; ils diffèrent par la solidité, le prix et la couleur de l’image. Dans la bande, choisissez un filtre que vous pouvez retirer et remettre rapidement, car l’instrument ne s’utilise sans filtre que pendant la totalité. Les instruments à filtre solaire intégré et non amovible conviennent pour les phases partielles mais ne peuvent pas montrer la totalité.
La liste de fournisseurs de l’AAS couvre aussi les filtres pour optiques et smartphones. Pour les appareils photo, voir comment photographier l’éclipse solaire.
Combien de paires vous faut-il ?
- Une paire par personne, portée pendant toute la phase partielle. Quand on partage, celui qui attend son tour est tenté de regarder sans protection.
- Une ou deux de rechange par groupe, car les lunettes en carton se plient, se retrouvent sous quelqu’un ou s’envolent.
- Les enfants ont besoin de lunettes qui tiennent en place, et ils doivent être surveillés chaque fois qu’ils les utilisent. La norme dimensionne les montures pour des visages adultes : vérifiez l’ajustement.
- Si vous portez des lunettes de vue, gardez-les et mettez les lunettes d’éclipse par-dessus.
Achetez tôt, pour ne pas avoir à choisir dans les derniers jours entre pas de lunettes du tout et des lunettes d’un vendeur inconnu.
Liste de contrôle rapide
- Fabricant présent sur la liste de l’AAS, ou revendeur agréé d’un de ces fabricants ; en Europe, vérifiez aussi Eclipse Seguro.
- EN ISO 12312-2 et CE sur le produit, avec le nom et l’adresse du fabricant imprimés.
- Aucune rayure, aucun trou, aucun filtre décollé.
- À l’intérieur, vous ne voyez presque rien ; le Soleil apparaît comme un disque net et confortable.
- Jamais en combinaison avec des jumelles, un télescope ou un appareil photo.
Reste à choisir où vous serez : la totalité dure 2 min 55 s à Cadix, 4 min 28 s à Algésiras et 1 min 53 s à Malaga. Consultez la carte et où observer l’éclipse en Espagne.